Une étude de fonds de prévoyance conforme, ce n’est pas un tableur rempli à distance. C’est un relevé technique sur place, suivi d’une modélisation financière sur 25 ans. Voici comment nous procédons, étape par étape, et ce que vous recevez au bout.
Étape 1. Le dossier documentaire
Avant de mettre les pieds dans l’immeuble, nous demandons tout ce qui existe : plans tels que construits, devis, factures de travaux majeurs, rapports d’inspection antérieurs, historique d’entretien, déclaration de copropriété, états financiers.
Cette étape paraît administrative. Elle est déterminante. Un syndicat qui nous remet un dossier complet réduit le temps de mandat, parce que nous n’avons pas à déduire du bâtiment ce qu’un document aurait dit en une ligne. Une membrane de toiture posée en 2011 avec sa facture est un fait. La même membrane sans document devient une estimation visuelle, donc une marge d’incertitude que nous devons assumer dans la projection.
Étape 2. La visite et le relevé des composantes
Nos ingénieurs inventorient les parties communes composante par composante : enveloppe, toiture, fenestration, structure, dalles de stationnement, drainage, plomberie, ventilation, électricité, ascenseurs, aménagements extérieurs.
Pour chacune, trois questions : quel est son état réel aujourd’hui, quelle durée de vie utile lui reste-t-il, et quelle est la nature de l’intervention à prévoir. Une réparation localisée et un remplacement complet ne se planifient pas de la même façon, ni au même coût.
C’est ce relevé qui alimente à la fois le carnet d’entretien et l’étude. Les deux documents partagent ce socle, ce qui explique pourquoi nous recommandons systématiquement de les commander ensemble.
Étape 3. L’estimation des coûts
Nous chiffrons chaque réparation majeure et chaque remplacement dans l’année où il est prévu, pas en dollars d’aujourd’hui. La nuance change tout : une composante à remplacer dans vingt ans coûtera sensiblement plus cher qu’aujourd’hui, et une étude qui l’ignore sous-estime structurellement le besoin de capitalisation.
Nos estimations s’appuient sur les coûts de construction observés au Québec, ajustés selon la configuration de l’immeuble. Un accès difficile, une hauteur importante ou une contrainte de site font varier le prix d’une même intervention du simple au double.
Étape 4. La modélisation financière
Nous croisons ensuite l’échéancier des travaux avec le solde actuel de votre fonds pour établir deux choses : la somme qui devrait être disponible au début de chaque année, et le montant à verser annuellement pour y arriver.
Quand un retard existe, nous ne le présentons pas comme un choc unique. Le cadre légal permet d’étaler le rattrapage, et notre rôle est de vous proposer une trajectoire soutenable plutôt qu’un chiffre brut.
Étape 5. Le rapport, et sa défense
Le rapport détaille les calculs. Ce n’est pas une exigence de forme : c’est ce qui vous permet de justifier une hausse de cotisation devant vos copropriétaires. Un montant sans démonstration se conteste en assemblée, un montant adossé à un échéancier de travaux chiffré se défend.
Le document est signé et daté par l’ingénieur qui l’a produit, et il est conçu pour être versé au registre de la copropriété et remis aux copropriétaires.
Ce que vous recevez
- L’inventaire complet des composantes communes et leur état
- L’échéancier des réparations majeures et remplacements sur au moins 25 ans
- L’estimation du coût de chaque intervention, à l’année prévue
- La recommandation de cotisation annuelle et le solde cible du fonds
- Le détail des calculs
- Un document signé par un ingénieur indépendant de votre syndicat
Pour le détail des exigences réglementaires derrière chacun de ces éléments, notre site spécialisé détaille le contenu obligatoire de l’étude.
Questions qu’on nous pose
Faut-il vraiment visiter l’immeuble ?
Oui. Une étude produite uniquement à partir de documents repose sur des durées de vie théoriques, qui ne correspondent pas à l’état réel d’un bâtiment donné. Deux toitures du même âge peuvent avoir dix ans d’écart de vie résiduelle selon leur exposition et leur entretien.
Devons-nous être présents pendant la visite ?
Un représentant du conseil ou le gestionnaire nous facilite l’accès aux espaces techniques et répond aux questions d’historique. Sa présence raccourcit la visite et améliore la qualité du relevé.
À quelle fréquence faut-il recommencer ?
Une nouvelle étude est exigée au moins tous les cinq ans. Les mises à jour suivantes sont plus légères, puisque l’inventaire de base existe déjà et que nous conservons vos données.
Nos études sont signées par un ingénieur membre de l’OIQ, indépendant de votre syndicat. Soumettez votre immeuble.



